lundi 15 août 2011

Le symbolisme du masculin et du féminin ...

Hommes et femmes il les créa....

 Pourquoi dès lors un ministère exclusivement masculin ? A priori cela peut être choquant. A posteriori aussi.
D'autant que les ministres hommes ont tendance à rester "entre eux" dans les occasions de rencontres plus larges....


"Finalement, nous dirions volontiers que la symbolisation du Christ ne passe pas d’abord par la symbolique du masculin. Elle lui est reliée, certes. Mais elle passe par priorité par l’impossibilité pour chaque sexe de signifier à lui seul le mystère du Christ. « Il n’y a ni homme ni femme » disait Paul. Traduisons : il y évidemment des hommes et des femmes, mais ce qui est signe d’évangile c’est une relation nouvelle entre eux, une relation non inégale, une différence non banalisée, un rapport vécu sans fatalité, sans domination ni violence. Ce n’est pas le masculin isolément qui signifie quelque chose du Christ. C’est la relation des hommes aux femmes. Et réciproquement celle des femmes aux hommes."

Voir le texte entier sur le site <theopratic.org>

jeudi 16 juin 2011

Une religion : pourquoi ?

"Pour ce qui est de l'apport du religieux au spirituel, je crois qu'il ne faut pas se précipiter pour parler de grâce et de don. Certes, habituellement les religions se présentent comme des révélations venant d'en haut, de Dieu le plus souvent. En ce sens, l'aspect de gratuité est souligné au cœur de l'expérience spirituelle. Mais cette gratuité est très souvent perçue par des personnes qui se disent et sont probablement non religieuses. Autrement dit, la religion n'a pas le monopole du don. Elle le radicalise, l'explicite, l'articule à un certain nombre d'autres valeurs, mais elle ne l'inaugure pas.

La véritable nouveauté de la religion consiste en ce que le spirituel se globalise, s'unifie et assume les enjeux majeurs de l'existence : la vie, l'amour, la mort, l'espérance et la fidélité. De fait, alors que le spirituel peut être limité à tel secteur de notre expérience (par exemple, l'esthétique, le souci de la justice, l'espérance d'un monde meilleur), la religion rassemble les divers aspects de l'existence. C'est alors que Dieu peut prendre sens et présence. Il est lui-même une énergie spirituelle d'un ordre unique,... don mystérieux que les religions nomment le salut.

Les chrétiens confessent que cette énergie est amour pour les hommes, qu'elle a pris forme humaine en Jésus et qu'elle est désireuse d'entrer dans des rapports de relation interpersonnelle et d'alliance avec les humains dans leur ensemble.

Henri Bourgeois,
Modalités du spirituel, Catéchèse, n° 152, 1998.

dimanche 5 juin 2011

Gratuité et relation

"Dieu est gratuit dans la mesure où il existe pour nous comme quelqu’un avec qui nous sommes en relation. Réciproquement, il vit la gratuité en se rapportant à nous comme à des personnes ayant, devant lui, un nom propre et une liberté qu’il respecte."

Henri Bourgeois
L'amour de Dieu est gratuit

dimanche 29 mai 2011

Un amour compréhensif et compréhensible

"Dieu aime avec intelligence, intelligemment. Ce qui veut dire que Dieu cherche à connaître ceux qu'il aime et d'autre part qu'il veut se faire connaître d'eux. Son amour est,  pour ainsi dire, à la fois compréhensif et compréhensible".

On peut lire dans leur contexte, sur le site  consacré à Henri Bourgeois, dans l'article publié ce 29 mai  : Dieu aime intelligemment.

mercredi 18 mai 2011

Laisser dans la vie une place pour Dieu

"Il n'est pas nécessaire de croire en Dieu pour laisser dans sa vie un peu d'espace, un peu de place. Il n'est pas sûr que cette place, Dieu la prenne. Mais il est évident qu'il ne peut pas se manifester si la vie affiche "complet" et si elle manque d'air. 

Or c'est ce qui se passe parfois.

La société n'a-t-elle pas tendance à vouloir tout contrôler et tout organiser ?  Comme si elle avait cette possibilité ! L'ennui c'est que certains Etats autoritaires... rendent la vie irrespirable.

De même, dans l'existence quotidienne, ne faut-il pas laisser des portes ou des fenêtres ouvertes ? Le coeur humain des attentes et des espoirs que ne satisfont pas les programmes de TV ou les routines quotidiennes.

Laisser une place pour Dieu, cela ne veut pas dire qu'on y rencontrera forcément Dieu ! Mais cela signifie qu'il pourra y tenir... des permanences !"

Henri Bourgeois,
sous le pseudonyme de groupe : Pascal Thomas,

dans : Découvrir le christianisme, tome IV : Croire pratiquement,  p. 276.

mardi 10 mai 2011

Une déconstruction de l’acte de croire


Dans une conférence prononcée lors de l’inauguration du Musée Dauphinois, en 2000, Henri Bourgeois analysait ce qu’était l’acte de croire aujourd’hui, et aussi ses dérives, et mêmes ses transformations. Parmi celles-ci, il constatait l’existence de ce qu’il appelait « une déconstruction de l’acte de croire.

  

Une autre « modification qui peut paraître troublante n’est pas purement exceptionnelle. Je veux parler d’une déconstruction de l’acte de croire. Sa cohérence se défait, son souffle s’amenuise, sa capacité de confiance se rétracte, sa teneur en communication diminue. Les croyants qui sont dans ce cas ont l’impression de perdre ou d’avoir perdu la foi ou encore d’être en crise.

À quoi tient cet épisode (plus ou moins durable) ? Je lui reconnais, pour ma part, trois types de raisons ou de causes. Il y a d’abord une difficulté spirituelle, due à la déception ou à la fatigue dans le quotidien. Envisager alors une confiance en un message de salut, de liberté et de vérité devient étrange et assez extérieur aux valeurs et aux idéaux que l’on continue d’avoir. En deuxième lieu, la crise de la foi peut avoir pour motif son anémie, son mauvais entretien, sa carence en initiation. Enfin, croire perd son élan à cause d’un rapport ambigu avec la religion. Certains croyants, soucieux de ne pas confondre la foi et le religieux, souhaitent se passer de ce dernier ou bien en contestent certaines formes ou encore constatent et déplorent son inadaptation aux cultures contemporaines. Mais cette prise de distance, dont je n’ai pas à discuter le bien-fondé, les laisse démunis. Il leur faut assurer par eux-mêmes le support et l’entretien de leur foi. Ce qui n’est pas forcément très simple.»

Henri Bourgeois, « Ce que croire peut être aujourd’hui »

Dans Les millénaires de Dieu, Musée Dauphinois, Novembre 2000

dimanche 24 avril 2011

Soir de Pâques

Le langage pascal des Evangiles

Luc et Jean racontent deux scènes d'apparitions de Jésus à des disciples, insistant particulièrement sur son corps ressuscité. Luc présente le récit du souper d'Emmaüs, le soir de Pâques, et Jean le rencontre avec l'apôtre Thomas. Ils veulent mettre en relief la réalité du corps de Jésus. Mais que disent-ils, en réalité ?

"L'accent mis sur le corps du Christ pascal serait en fait au service d'une autre insistance, celle qui porte sur la présence du Christ dans l'Eglise et dans le monde.... Si les évangiles parlent d'une résurrection corporelle de Jésus, c'est moins pour dire le statut mystérieux du Ressuscité que pour mettre en lumière la réalité de l'ordre neuf qu'il instaure. C'est moins pour satisfaire une curiosité maladroite que pour ancrer la foi dans la réalité spirituelle qu'inaugure le Christ de Pâques."
 Henri Bourgeois, Je crois à la résurrection du corps, p. 45-46
Christ lumineux, Christ lumière..

"Christ ressuscité, qu'est-ce que cela change ? " dit une personne rencontrée.
Y a-t-il quelque voie pour mieux saisir le langage des évangiles ?
Chacun peut trouver des éléments de réponse.

dimanche 10 avril 2011

Mais il y a le dieu de Jésus-Christ

La citation de ce jour est une remarque inscrite aux premières lignes du premier grand livre d'Henri Bourgeois.


La tournure n'est pas nouvelle, elle est même célèbre, car elle est celle d'un poète grec... "Mais il y a la mer, la mer toujours recommencée".

Mais ici, elle prend un autre chemin que l'éternel recommencement de la mer. Elle prend un parti qui pour certains est un pari perdu : parler de Dieu, en parler au présent de l'existence, en parler de façon neuve, avec la confiance qu'il peut être reconnu....



"Mais il y a le dieu de Jésus Christ....

Nous sommes à une époque où le "mais" est familier, encore qu'il se prête à bien des usages.

Nous vivons en un temps où le "il y a" est fort prisé, à condition que les mots qui le suivent recouvrent une réalité et bien que ces mots soient toujours malhabiles.

Nous vivons à une époque où le "Dieu de Jésus-Christ" se présente de manière neuve pour qui cherche à le reconnaître à l'aide de ce qui fait le meilleur de l'actualité."


Henri Bourgeois, 
Mais il y a le dieu de Jésus-Christ, p. 9.

mardi 5 avril 2011

Croire, c'est entendre avant de voir.

"Il était né aveugle. Et faute de mieux, il attendait l'aumône des passants. Peut-être en jouant du pipeau, comme d'autres aujourd'hui jouent de l'accordéon dans les couloirs du métro.
Un jour, il lui fut donné de renaître et donc de voir. Il était aveugle de naissance. Il devant clairvoyant de renaissance.
Comment s'appelait-il, cet homme dont parle saint Jean au chapitre 9 ? On ne sait. Peut-être, après le bouleversement de sa vie, aurait-il pu se nommer René Voyant.

Cette scène manifeste le mystère de la foi d'une façon étonnante. Et aussi étonnamment actuelle.

Les amis catéchumènes - les nouveaux croyants -  expérimentent en effet que  croire, c'est c'est entendre avant de voir.  

Une pensée, une parole, un appel, un témoignage leur sont parvenus. Ils se sont mis en route, sans bien être sûr, en faisant confiance. Un jour, il est net qu'ils ont changé :
"Tu n'es plus le même", leur disent les voisins, les amis.
"C'est bien moi", répondent-ils, comme René Voyant.
En effet ! Mais cette identification n'a rien de banal. A cause du changement opéré, les traits d'hier ne sont plus de mise, ni les hésitations, ni les obscurités, ni les attitudes d'avant la conversion.
"C'est bien lui", mais il a changé.

Tout comme le Christ pascal. Il a désormais une nouvelle identité, un nouveau nom."

Sans compter que ce Jésus de rencontre, qui a transformé leur vie, circule encore, de nouvelle façon sur les routes quotidiennes. C'est lui qui, alors, pose la question de confiance... : Crois-tu au Fils de l'homme ? "
Nouvel investissement du Christ ! Son nom se trouve modulé de façon inattendue.
Si bien que le néo-croyant, devenu néo-voyant, risque en réponse, le nom qui confesse la divinité de Jésus :
"Je crois, Seigneur".


Henri Bourgeois, mars 1980
Bulletin Accueil et LIberté

lundi 28 mars 2011

Apprendre la non croyance

"La "non croyance", c’est une manière de prendre et de comprendre la culture.
C’est un lien que l’on établit entre la culture et la foi en Dieu ou, plus précisément, le christianisme.
Ce lien peut être variable : ignorance, indifférence, rupture, allergie, incompréhension, ou bien, parfois, inquiétude, attente, interrogation.

D’autre part ce lien (ou ce "non lien") est perçu ou perceptible de plusieurs manières.
D’abord par les non chrétiens eux-mêmes, à condition qu’ils soient en contact avec des chrétiens et que la rencontre permette aux uns et aux autres de dire ce qu’ils portent d’espoir, de déception, de certitude ou d’incertitude en eux.
Ensuite par les chrétiens qui découvrent chez les non chrétiens la distance ou l’indifférence par rapport à la foi et en eux-mêmes quelque chose de la non croyance actuelle.

De toute manière, c’est la rencontre seule (ou, en tout cas, la référence aux autres), qui permet de dire quelque chose de la non croyance."

 Henri Bourgeois, 
A propos du dialogue avec des personnes "en recherche". 

Lire l'article en entier : Apprendre la non croyance

mercredi 23 mars 2011

Croire et penser




Voici deux citations d'Henri Bourgeois sur le lien à tenir entre croire et penser.

1- "La foi, c'est aussi de la pensée ...."

Dans un article intitulé "La foi c'est aussi de la pensée" (en 1987), Henri Bourgeois proposait cinq repères pour savoir où nous en sommes  de notre "croire et comprendre", pratiquement. Des repères qu'il voyait jouer chez les adultes catéchumènes dans leur conversion et leur venue à la foi baptismale :
1- pouvoir garder un certain recul par rapport aux émotions religieuses, aux formules toutes faite mais un peu slogans.
2- entretenir un volant suffisant d'informations et d'expériences.
3- se disposer à accueillir une expérience ou un propos venant d'autrui, et qui n'a pas forcément de répondant en soi,
4-pouvoir être critiqué sans se laisser démonter.
5-être en mesure de changer d'avis sans avoir honte.

Lire l'article en entier sur le site Henri Bourgeois. La foi c'est aussi de la pensée



2. Et la théologie ? 

 La pensée de la foi se fait aussi pour certains théologie, pour le service de tous ....

"La théologie cherche à éviter les simplismes, les évidences naïves, les approximations usuelles, les propos si patinés qu’ils en sont usés. Ce n’est pas là un souci prétentieux du don de Dieu ; c’est bien plutôt un service de ce don pour qu’il puisse être en plus grande vérité. Quand cessera-t-on de dire que la théologie complique indûment la foi, alors qu’elle est souvent un travail qui rend possible la foi ? Les questions critiques que pose la réflexion théologique, ce n’est pas la théologie qui les invente le plus souvent ; on les entend dans la rue, on les lit dans les journaux. Penser, c’est alors prendre l’Evangile au sérieux en faisant tout le possible pour qu’il puisse être réellement entendu."

Lire l'article en entier : Exigences présentes de la pensée chrétienne


samedi 12 mars 2011

Citation de la semaine

N'oubliez pas de vivre
Un media très populaire aujourd'hui, alerté par des messages de détresse, annonçait hier qu'il allait faire une "prévention du suicide".  A qui parler ? et qui entend ? : la question n'épargne personne, en effet, que l'on soit jeune ou moins jeune, croyant ou non, chrétien ou non, laïc ou même religieux, quand les bases personnelles ou sociales vacillent. Mais cette question en cache une autre, plus radicale encore :  comment retrouver en soi et par le chemin qui s'ouvre en soi, les chemins de la force intérieure,  de la simple foi en la vie ? Voici un conseil fraternel  (Grain à moudre)

"N'oubliez pas de vivre..

Ceci dit, revenez à l'essentiel de ce qui vous faire vivre, à ce qui est porteur dans votre cœur. Ce à quoi vous tenez, ce qui vous importe. En un mot ce qui fait encore votre bonheur, malgré la nuit et la fatigue. On peut dire que ces racines profondes sont un élément de foi, même si elles n'ont rien de religieux. Vous comprenez bien que si vous ne repartez pas de là, de cette force vive, tout ce que vous pourrez faire sera artificiel et plaqué.

Donc, si j'ose dire, rejoignez votre cœur. Non pas en faisant des méditations crispées ou des analyses psychologiques interminables, mais allant, comme d'instinct, à ce qui est fort en vous. Nul ne peut le dire à votre place. Cherchez votre nappe phréatique, l'eau vive, la source. Ou si vous préférez, mettez-vous à la recherche de votre zone de solidité.

Si vous vous tenez là, vous verrez d'abord que ce n'est pas fatigant et que cela change les idées. Vous sentirez aussi qu'il n'est pas besoin de beaucoup de temps pour faire ce pèlerinage intérieur. Quand on s'y est essayé deux ou trois fois, on en retrouve vite le chemin et l'on éprouve un certain repos.

Il y a alors quelque chose d'autre à faire. Mais c'est une action très particulière. Il s'agit de se rendre disponible à ce qui peut se présenter et qui aura de la résonance dans votre cœur : une parole de votre entourage, un souvenir du passé, un témoignage auquel vous aurez été attentif, etc. Cette disponibilité est essentielle. Mais vous sentez que c'est une écoute.

Si vous le pouvez, essayez également de prier. Pas tellement pour demander à Dieu la grâce de la foi, mais pour le laisser vous parler et pour croire tout simplement, c'est-à-dire mettre en usage ce que vous avez encore de foi.

Et puis vous verrez bien quelle sera la suite..... L'essentiel est de se tenir dans la région où la foi peut habiter...

Encore un mot. A l'occasion, vous pourriez parler avec un chrétien ou une chrétienne . Pas forcement pour lui raconter votre histoire, mais pour écouter sa foi et en percevoir les vibrations. Un jour, peut-être.... Mais on ne sait ni le jour ni l'heure. On sait seulement que Dieu n'est pas distrait."

Henri BOURGEOIS
Questions sur la foi. Des réponses pour s'y retrouver. 

vendredi 4 mars 2011

Citation de la semaine


Culture et foi


« Culture et foi.... La relation est toujours à double sens : si la foi a un rôle à jouer vis-à-vis de la culture, il est non moins vrai que celle-ci a une tâche à l’égard de la foi et qu’elle ne se borne pas à en être le support passif ou le contexte critique. Elle en est éventuellement la chance. » 

Henri Bourgeois, Foi et cultures, p. 30.

Bien le bonjour !

Ouverture de notre blog


Quel temps fait-il aujourd'hui ? Quoi de neuf ?

Ainsi commencent les conversations d'ascenseur ou de voisinage. Et elles peuvent mener loin. Nous nous proposons d'ouvrir cet espace entre bons voisins. 
Nous, c'est-à-dire des gens qui ont l'audace de vouloir échanger quelques mots sur ce qui les fait vivre.
Des gens qui ont connu ou non un théologien communiquant, Henri Bourgeois (+2011) qui savait à partir de tout, toucher le fond de la vie.
La plupart d'entre nous connaissent le site theopratic.org qui présente ses écrits, mais nous avions besoin d'un autre espace, un peu à distance,  pour partager ce que ses écrits nous inspirent,  aujourd'hui, dix ans bientôt après son décès.
Mais tous les invités n'étant pas encore là, nous allons d'abord nous y préparer un peu. A bientôt !