dimanche 24 avril 2011

Soir de Pâques

Le langage pascal des Evangiles

Luc et Jean racontent deux scènes d'apparitions de Jésus à des disciples, insistant particulièrement sur son corps ressuscité. Luc présente le récit du souper d'Emmaüs, le soir de Pâques, et Jean le rencontre avec l'apôtre Thomas. Ils veulent mettre en relief la réalité du corps de Jésus. Mais que disent-ils, en réalité ?

"L'accent mis sur le corps du Christ pascal serait en fait au service d'une autre insistance, celle qui porte sur la présence du Christ dans l'Eglise et dans le monde.... Si les évangiles parlent d'une résurrection corporelle de Jésus, c'est moins pour dire le statut mystérieux du Ressuscité que pour mettre en lumière la réalité de l'ordre neuf qu'il instaure. C'est moins pour satisfaire une curiosité maladroite que pour ancrer la foi dans la réalité spirituelle qu'inaugure le Christ de Pâques."
 Henri Bourgeois, Je crois à la résurrection du corps, p. 45-46
Christ lumineux, Christ lumière..

"Christ ressuscité, qu'est-ce que cela change ? " dit une personne rencontrée.
Y a-t-il quelque voie pour mieux saisir le langage des évangiles ?
Chacun peut trouver des éléments de réponse.

dimanche 10 avril 2011

Mais il y a le dieu de Jésus-Christ

La citation de ce jour est une remarque inscrite aux premières lignes du premier grand livre d'Henri Bourgeois.


La tournure n'est pas nouvelle, elle est même célèbre, car elle est celle d'un poète grec... "Mais il y a la mer, la mer toujours recommencée".

Mais ici, elle prend un autre chemin que l'éternel recommencement de la mer. Elle prend un parti qui pour certains est un pari perdu : parler de Dieu, en parler au présent de l'existence, en parler de façon neuve, avec la confiance qu'il peut être reconnu....



"Mais il y a le dieu de Jésus Christ....

Nous sommes à une époque où le "mais" est familier, encore qu'il se prête à bien des usages.

Nous vivons en un temps où le "il y a" est fort prisé, à condition que les mots qui le suivent recouvrent une réalité et bien que ces mots soient toujours malhabiles.

Nous vivons à une époque où le "Dieu de Jésus-Christ" se présente de manière neuve pour qui cherche à le reconnaître à l'aide de ce qui fait le meilleur de l'actualité."


Henri Bourgeois, 
Mais il y a le dieu de Jésus-Christ, p. 9.

mardi 5 avril 2011

Croire, c'est entendre avant de voir.

"Il était né aveugle. Et faute de mieux, il attendait l'aumône des passants. Peut-être en jouant du pipeau, comme d'autres aujourd'hui jouent de l'accordéon dans les couloirs du métro.
Un jour, il lui fut donné de renaître et donc de voir. Il était aveugle de naissance. Il devant clairvoyant de renaissance.
Comment s'appelait-il, cet homme dont parle saint Jean au chapitre 9 ? On ne sait. Peut-être, après le bouleversement de sa vie, aurait-il pu se nommer René Voyant.

Cette scène manifeste le mystère de la foi d'une façon étonnante. Et aussi étonnamment actuelle.

Les amis catéchumènes - les nouveaux croyants -  expérimentent en effet que  croire, c'est c'est entendre avant de voir.  

Une pensée, une parole, un appel, un témoignage leur sont parvenus. Ils se sont mis en route, sans bien être sûr, en faisant confiance. Un jour, il est net qu'ils ont changé :
"Tu n'es plus le même", leur disent les voisins, les amis.
"C'est bien moi", répondent-ils, comme René Voyant.
En effet ! Mais cette identification n'a rien de banal. A cause du changement opéré, les traits d'hier ne sont plus de mise, ni les hésitations, ni les obscurités, ni les attitudes d'avant la conversion.
"C'est bien lui", mais il a changé.

Tout comme le Christ pascal. Il a désormais une nouvelle identité, un nouveau nom."

Sans compter que ce Jésus de rencontre, qui a transformé leur vie, circule encore, de nouvelle façon sur les routes quotidiennes. C'est lui qui, alors, pose la question de confiance... : Crois-tu au Fils de l'homme ? "
Nouvel investissement du Christ ! Son nom se trouve modulé de façon inattendue.
Si bien que le néo-croyant, devenu néo-voyant, risque en réponse, le nom qui confesse la divinité de Jésus :
"Je crois, Seigneur".


Henri Bourgeois, mars 1980
Bulletin Accueil et LIberté