dimanche 10 avril 2011

Mais il y a le dieu de Jésus-Christ

La citation de ce jour est une remarque inscrite aux premières lignes du premier grand livre d'Henri Bourgeois.


La tournure n'est pas nouvelle, elle est même célèbre, car elle est celle d'un poète grec... "Mais il y a la mer, la mer toujours recommencée".

Mais ici, elle prend un autre chemin que l'éternel recommencement de la mer. Elle prend un parti qui pour certains est un pari perdu : parler de Dieu, en parler au présent de l'existence, en parler de façon neuve, avec la confiance qu'il peut être reconnu....



"Mais il y a le dieu de Jésus Christ....

Nous sommes à une époque où le "mais" est familier, encore qu'il se prête à bien des usages.

Nous vivons en un temps où le "il y a" est fort prisé, à condition que les mots qui le suivent recouvrent une réalité et bien que ces mots soient toujours malhabiles.

Nous vivons à une époque où le "Dieu de Jésus-Christ" se présente de manière neuve pour qui cherche à le reconnaître à l'aide de ce qui fait le meilleur de l'actualité."


Henri Bourgeois, 
Mais il y a le dieu de Jésus-Christ, p. 9.

1 commentaire:

  1. Dans un magazine bien connu, un auteur également bien connu, qui signe "Ph.S.", commence ainsi un article sur le livre de Benoît XVI : "Jésus de Nazareth" : "Il (le Pape) a compris et vérifié que presque plus personne ne savait qui était exactement son Dieu, pourtant célébré, chaque jour, aux quatre coins de la planète".

    La déclaration est à double sens et un brin prétentieuse. D'une part elle fait le constat d'une assez grave ignorance de Dieu ou de Jésus chez les chrétiens, malgré la persistance d'un culte qui,s'il en était ainsi, serait sans objet... (et qu'en sait-il ?). D'autre part en prêtant au Pape ce constat, il semble le considérer comme victime de l'illusion qu'il veut faire croire aux autres. On croit entendre le refrain de l'athéisme de siècle passé. Et Ph.S. persiste et signe : l'histoire de Jésus est un "fabuleux polar", même s'il y trouve lui-même quelque lueur dans le désespoir qui semble être le sien...

    Il m'a semblé que le "Mais il y a...." de la citation d'Henri Bourgeois "tranchait" sur cette incrédulité subtile et ses ambiguïtés, en déplaçant la question. L'affaire Jésus, c'est aujourd'hui. C'est dans l'actualité qu'il y a Dieu.

    "Il y a dieu", en effet, si la parole d'espérance sort non seulement d'un livre ou d'une personnalité respectable, mais du fond humain le plus vivant et universel.

    Et "il y a le dieu de Jésus-Christ", si ses paroles font faire, en ce lieu-là, un réel passage du désespoir à l'espérance. Le passage qu'indique l'évangile de la résurrection de Lazare, lu aujourd'hui : "Celui qui croit en ma parole, même s'il meurt, vivra". En quelque sorte il vit dans sa mort même...

    Avouons que l'on préfère parfois s'enchanter de ses doutes que changer son regard. Ressasser son incroyance de peur d'avoir à changer sa vie. Certes, il faut ne pas tout croire, pas plus les affirmations croyantes que les professions d'athéisme. Mais prendre le temps de voir où l'on marche, veiller, et s'arrêter "au meilleur de l'actualité", c'est, dit H.Bourgeois, se mettre en direction du neuf, de la réalité de la vie, en soi et en Jésus. Et accéder ainsi, gratuitement, à un autre "savoir".

    Grain à moudre

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