Croire, c'est entendre avant de voir.
Un jour, il lui fut donné de renaître et donc de voir. Il était aveugle de naissance. Il devant clairvoyant de renaissance.
Comment s'appelait-il, cet homme dont parle saint Jean au chapitre 9 ? On ne sait. Peut-être, après le bouleversement de sa vie, aurait-il pu se nommer René Voyant.
Cette scène manifeste le mystère de la foi d'une façon étonnante. Et aussi étonnamment actuelle.
Les amis catéchumènes - les nouveaux croyants - expérimentent en effet que croire, c'est c'est entendre avant de voir.
Une pensée, une parole, un appel, un témoignage leur sont parvenus. Ils se sont mis en route, sans bien être sûr, en faisant confiance. Un jour, il est net qu'ils ont changé :
"Tu n'es plus le même", leur disent les voisins, les amis.
"C'est bien moi", répondent-ils, comme René Voyant.
En effet ! Mais cette identification n'a rien de banal. A cause du changement opéré, les traits d'hier ne sont plus de mise, ni les hésitations, ni les obscurités, ni les attitudes d'avant la conversion.
"C'est bien lui", mais il a changé.
Tout comme le Christ pascal. Il a désormais une nouvelle identité, un nouveau nom."
Sans compter que ce Jésus de rencontre, qui a transformé leur vie, circule encore, de nouvelle façon sur les routes quotidiennes. C'est lui qui, alors, pose la question de confiance... : Crois-tu au Fils de l'homme ? "
Nouvel investissement du Christ ! Son nom se trouve modulé de façon inattendue.
Si bien que le néo-croyant, devenu néo-voyant, risque en réponse, le nom qui confesse la divinité de Jésus :
"Je crois, Seigneur".
Henri Bourgeois, mars 1980
Bulletin Accueil et LIberté
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L'identité humaine n'est pas absolument figée, ni entièrement transparente, y compris à nous-mêmes. Une identité évolue. Et de diverses manières. Les événements forts, drames ou bonheurs nous changent. Le temps aussi.
RépondreSupprimerCe peut être dans le sens d'une dégradation, d'une amertume, d'une division intérieure, d'un oubli de nous-même et des autres, d'une perte de confiance. Une femme disait hier avoir quitté son compagnon parce qu'elle avait découvert qu'elle ignorait en lui sa part d'ombre,des pans entier de sa vie.
Ce peut être, au contraire, dans le sens d'une vie plus vivante, plus large, plus féconde, même au prix de certaines pertes ou désillusions. Une vie renée par l'accueil du geste qui sauve, une vie pardonnée, une vie qui espère par la foi au nom qui est au-dessus de tout nom. Humilité et force de la foi chrétienne.
Grain à moudre