Un media très populaire aujourd'hui, alerté par des messages de détresse, annonçait hier qu'il allait faire une "prévention du suicide". A qui parler ? et qui entend ? : la question n'épargne personne, en effet, que l'on soit jeune ou moins jeune, croyant ou non, chrétien ou non, laïc ou même religieux, quand les bases personnelles ou sociales vacillent. Mais cette question en cache une autre, plus radicale encore : comment retrouver en soi et par le chemin qui s'ouvre en soi, les chemins de la force intérieure, de la simple foi en la vie ? Voici un conseil fraternel (Grain à moudre)
"N'oubliez pas de vivre...
Ceci dit, revenez à l'essentiel de ce qui vous faire vivre, à ce qui est porteur dans votre cœur. Ce à quoi vous tenez, ce qui vous importe. En un mot ce qui fait encore votre bonheur, malgré la nuit et la fatigue. On peut dire que ces racines profondes sont un élément de foi, même si elles n'ont rien de religieux. Vous comprenez bien que si vous ne repartez pas de là, de cette force vive, tout ce que vous pourrez faire sera artificiel et plaqué.
Donc, si j'ose dire, rejoignez votre cœur. Non pas en faisant des méditations crispées ou des analyses psychologiques interminables, mais allant, comme d'instinct, à ce qui est fort en vous. Nul ne peut le dire à votre place. Cherchez votre nappe phréatique, l'eau vive, la source. Ou si vous préférez, mettez-vous à la recherche de votre zone de solidité.
Si vous vous tenez là, vous verrez d'abord que ce n'est pas fatigant et que cela change les idées. Vous sentirez aussi qu'il n'est pas besoin de beaucoup de temps pour faire ce pèlerinage intérieur. Quand on s'y est essayé deux ou trois fois, on en retrouve vite le chemin et l'on éprouve un certain repos.
Il y a alors quelque chose d'autre à faire. Mais c'est une action très particulière. Il s'agit de se rendre disponible à ce qui peut se présenter et qui aura de la résonance dans votre cœur : une parole de votre entourage, un souvenir du passé, un témoignage auquel vous aurez été attentif, etc. Cette disponibilité est essentielle. Mais vous sentez que c'est une écoute.
Si vous le pouvez, essayez également de prier. Pas tellement pour demander à Dieu la grâce de la foi, mais pour le laisser vous parler et pour croire tout simplement, c'est-à-dire mettre en usage ce que vous avez encore de foi.
Et puis vous verrez bien quelle sera la suite..... L'essentiel est de se tenir dans la région où la foi peut habiter...
Encore un mot. A l'occasion, vous pourriez parler avec un chrétien ou une chrétienne . Pas forcement pour lui raconter votre histoire, mais pour écouter sa foi et en percevoir les vibrations. Un jour, peut-être.... Mais on ne sait ni le jour ni l'heure. On sait seulement que Dieu n'est pas distrait."
Henri BOURGEOIS
Questions sur la foi. Des réponses pour s'y retrouver.
Ed. Desclée de Brouwer, 1996, p. 12.