mercredi 23 mars 2011

Croire et penser




Voici deux citations d'Henri Bourgeois sur le lien à tenir entre croire et penser.

1- "La foi, c'est aussi de la pensée ...."

Dans un article intitulé "La foi c'est aussi de la pensée" (en 1987), Henri Bourgeois proposait cinq repères pour savoir où nous en sommes  de notre "croire et comprendre", pratiquement. Des repères qu'il voyait jouer chez les adultes catéchumènes dans leur conversion et leur venue à la foi baptismale :
1- pouvoir garder un certain recul par rapport aux émotions religieuses, aux formules toutes faite mais un peu slogans.
2- entretenir un volant suffisant d'informations et d'expériences.
3- se disposer à accueillir une expérience ou un propos venant d'autrui, et qui n'a pas forcément de répondant en soi,
4-pouvoir être critiqué sans se laisser démonter.
5-être en mesure de changer d'avis sans avoir honte.

Lire l'article en entier sur le site Henri Bourgeois. La foi c'est aussi de la pensée



2. Et la théologie ? 

 La pensée de la foi se fait aussi pour certains théologie, pour le service de tous ....

"La théologie cherche à éviter les simplismes, les évidences naïves, les approximations usuelles, les propos si patinés qu’ils en sont usés. Ce n’est pas là un souci prétentieux du don de Dieu ; c’est bien plutôt un service de ce don pour qu’il puisse être en plus grande vérité. Quand cessera-t-on de dire que la théologie complique indûment la foi, alors qu’elle est souvent un travail qui rend possible la foi ? Les questions critiques que pose la réflexion théologique, ce n’est pas la théologie qui les invente le plus souvent ; on les entend dans la rue, on les lit dans les journaux. Penser, c’est alors prendre l’Evangile au sérieux en faisant tout le possible pour qu’il puisse être réellement entendu."

Lire l'article en entier : Exigences présentes de la pensée chrétienne


1 commentaire:

  1. Pas besoin de réfléchir longtemps pour percevoir les enjeux de ces sages avis :

    - Le premier et le second repère expriment des conditions pour mûrir dans la foi. Sans eux le jugement est altéré ou sous influence. Un reproche souvent fait aux chrétiens de sentimentalisme ou d''esprit grégaire, de peur finalement. "Et toi, que dis-tu de toi-même ?"

    - Le troisième et le quatrième sont en quelque sorte des tests de maturité du croyant. Avoir une identité c'est avoir par là une possibilité d'échange avec d'autres et d'ouverture à du neuf. Mais comment acquérir cette maturité si l'on ne lit plus que le dernier magazine ou l'on ne prône plus que son saint et si toute réflexion est déconsidérée. Plus de lecture sérieuse, plus de désir de s'instruire et d'instruire, plus d'ouverture à qui ne pense pas comme nous, et rien à dire le jour où le sens et la vérité de l'évangile sont en jeu. Si le sel s'affadit....

    - Le cinquième est l'acceptation que dans la vie chrétienne il y ait toujours à se convertir. Sans cela plus de progrès en soi ou vers d'autres : leur histoire, à leur culture, à leur religion, à leurs attentes. Ce manque à être manque à tous.... Se convertir, le premier devoir de l'amour du prochain. "Qu'as-tu (à donner) que tu ne l'aies reçu..."'

    *

    Ces avis me semblent salutaires. Ils invitent à revoir la place de la pensée dans notre manière de croire. Et ils essaient de ne pas tout mélanger : la pensée du quotidien, à la portée de tous, et celle qui devient une tâche plus exigeante et sur le long terme, au service de tous.

    Des clarifications seraient utiles. Car on entend souvent des plaintes contraires et symétriques...

    Les uns déplorent une "absence de pensée" dans le quotidien des relations entre chrétiens, et semblent s'y résigner. Dans certains groupes des questions normales ou urgentes sur les pratiques ne sont ni posées - ni entendues ; toute critique est a priori stigmatisée ; la soumission ou le consensus sont valorisés unilatéralement, comme s'ils étaient hors de tout soupçon. A terme, la confiance se perd, les échanges meurent, la vie s'étiole. Le silence s'installe.

    A l'inverse, d'autres refusent toute question, pour peu qu'elle sorte de l'immédiat considéré comme seul concret. Ils ne supportent pas un détour, soit pour dépasser les idées toutes faites, se rendre attentif à de l'oublié, ou faire droit à des besoins nouveaux. Leurs arguments sont sans appel : "c'est intellectuel", "il suffit d'être "simple", "humble", et pour tout dire : "il suffit d'aimer".

    Le croquis est à peine corsé.

    Mais le croyant peut-il être scindé ?
    Et le "sens de la foi" donné à tout croyant par le baptême, ne le pousse-t-il pas à essayer de comprendre ce qu'il croit, et ce que d'autres croient ?

    Quant à savoir comment cela peut se faire..., le Carême est peut-être un bon temps pour y songer.


    Grain à moudre

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